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Vue extérieure du musée national Message Biblique Marc Chagall, Nice, vers 1973 © cliché Michel Moch 
Cité de l'architecture et du patrimoine, Paris

L’année du quarantième anniversaire du musée national Marc Chagall a été l’occasion de présenter de nombreuses expositions consacrées à l’artiste. Il nous a paru indispensable d’en consacrer une à l’édifice qui, depuis 1973, abrite la collection donnée à l'Etat par l'artiste.

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Vue extérieure du musée national Message Biblique Marc Chagall, Nice, vers 1973 © cliché Michel Moch 

Cité de l'architecture et du patrimoine, Paris

André Hermant (1908-1978), architecte et urbaniste, à qui fut confiée la mission de concevoir et de construire ce musée, a réalisé ici le meilleur de son œuvre.
Diplômé de l’Ecole spéciale d’architecture où il fréquente les cercles d’étudiants réunis autour d’Auguste Perret, André Hermant devient membre de l'Union des artistes modernes (UAM). Il réalise certains projets architecturaux remarqués, comme le Pavillon du Caoutchouc pour l’exposition internationale des Arts et Techniques dans la vie moderne en 1937 à Paris, puis participe aux travaux sur la normalisation des éléments architecturaux pendant la guerre. Intéressé par la théorie de l’architecture, il travaille également pour des revues spécialisées. Il rejoint en 1946 l’équipe d’Auguste Perret pour la reconstruction de la Ville du Havre. Il est alors le théoricien de la section “Formes Utiles” de l’UAM en s’appuyant sur “l’idée que la fonction, la structure et la forme d’un objet sont indissociables”, fondement du design français comme le souligne Nathalie Simonnot, commissaire de l’exposition. Enfin, il travaille également sur le logement social, jusque dans les années 1960.
À ce moment-là, il se consacre à plusieurs projets muséographiques comme le réaménagement du musée des Antiquités nationales à Saint-Germain-en-Laye (achevé en 1969), qui connaît un énorme succès tant auprès du public que des spécialistes des musées. Après l’aménagement du musée du Petit Palais d’Avignon (1961-1965) et le début des travaux de la galerie nationale de la Tapisserie à Beauvais, désormais considéré comme un spécialiste des musées, il se voit confier la réalisation d’un projet sans précédent jusque-là : un musée consacré aux oeuvres d’un artiste vivant, Marc Chagall.

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Vue extérieure du musée national Message Biblique Marc Chagall, Nice, vers 1973 © cliché Michel Moch 
Cité de l'architecture et du patrimoine, Paris

Le projet devait comporter des salles pour la présentation permanente des toiles du Message Biblique, pour lesquelles Hermant conçoit la grande salle à douze murs grâce à trois polygones imbriqués et la salle du Cantique, de forme hexagonale. Il intègre aussi deux salles d’exposition temporaire et un auditorium. Le bâtiment d’un seul niveau se déploie sur un large terrain offert par la ville de Nice et le jardin est aménagé par le paysagiste Henri Fisch.

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Vue extérieure du musée national Message Biblique Marc Chagall, Nice, vers 1973 © cliché Michel Moch 
Cité de l'architecture et du patrimoine, Paris

En collaboration directe avec l'artiste, Hermant imagine donc une architecture qui répond en tout point au désir de ce dernier : créer une maison accueillante pour les œuvres, inscrites dans un espace traversé par la lumière, mais aussi pour les visiteurs qui découvrent petit à petit les tableaux, la mosaïque, les vitraux ou les œuvres sur papier grâce à un dispositif architectural adapté, à la fois sobre et rigoureux. L’exposition présente plus d’une centaine de documents, de très nombreux croquis de l’architecte, des plans et des relevés ainsi que des photos de l’avancement des travaux, depuis la villa ancienne qui a précédé le musée, les visites de chantier par Hermant, l’achèvement de la mosaïque sous le regard de Chagall jusqu’à l’inauguration en présence de l’artiste, d’André Malraux et du ministre des affaires culturelles de l’époque, Maurice Druon.

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Vue extérieure du musée national Message Biblique Marc Chagall, Nice, vers 1973 © cliché Michel Moch 
Cité de l'architecture et du patrimoine, Paris

L’exposition a bénéficié de l’aide généreuse de la Cité de l’architecture et du patrimoine à Paris et de l'École nationale supérieure d'architecture de Nancy.

Musée national Marc Chagall
Avenue Dr Ménard
06000 Nice
www.musee-chagall.fr
Ouverture : tous les jours sauf le mardi,
les 1er janvier, 1er mai, 25 décembre de 10 h à 18h, 17 h de novembre à avril.

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A. Hermant, A. Malraux, J. Médecin, M. Chagall, R. Ca ssin
(de gauche à droite 
au 1er plan ) à Nice en février 1969 © cliché R. Gatti 

Le musée national Marc Chagall, son histoire
Dès 1969, le ministre des affaires culturelles, André Malraux, décide la construction d'un musée pour conserver le Message Biblique après sa donation à l'Etat. Celle-ci débute en 1970 sur un vaste terrain, offert par la Ville de Nice, où était édifiée une villa du début du siècle en ruine.

 

Chagall suit avec intérêt le projet : c'est lui qui demande qu'un auditorium fasse partie des salles prévues. Il souhaite également enrichir le bâtiment en ajoutant les vitraux de l'auditorium et une mosaïque qui entraîne la modification des axes de circulation du musée.


En 1973, l'artiste est présent pour l'inauguration du musée national Message Biblique Marc Chagall, avec André Malraux et le ministre des affaires culturelles de l'époque, Maurice Druon.
Jusqu'à sa mort en 1985, Marc Chagall a accompagné les premières années de la vie de l’institution. Il est présent aux inaugurations d'expositions et lance, grâce à ses relations amicales, une prestigieuse politique de concerts.


Après la mort de Chagall, le musée bénéficie du dépôt d'une partie importante de la dation (procédure qui permet le paiement en œuvres d'art des droits d'héritage. La dation Chagall a comporté plus de 300 œuvres). De nouvelles acquisitions enrichissent peu à peu les collections et, grâce à l'appui des héritiers du peintre, le musée devient monographique à part entière, témoignant à la fois de la spiritualité de l’œuvre de l’artiste et de son inscription dans les courants artistiques du XXème siècle.


En 2006-2007, une importante campagne de travaux a permis de moderniser les parties techniques du musée sans en changer l'aspect : un bâtiment d'accueil a été créé dans le jardin pour répondre à l'augmentation importante des flux de visiteurs (passés de 30 000 l'année de l'ouverture à presque 200 000 aujourd'hui), des bureaux et des réserves plus grandes ont trouvé place dans le premier sous-sol.


En 2008, le musée change donc de nom et devient musée national Marc Chagall.


En 2013, le musée fête donc son 40ème anniversaire et poursuit sa politique d’enrichissement des collections et de présentation de l’œuvre de l’artiste par de nombreuses expositions.

André Hermant, un architecte muséographe
Après des études à l’École spéciale d’architecture, André Hermant (1908-1978), architecte et urbaniste français, débute sa carrière dans les années 1930. Il adhère à l’UAM en 1936 et se spécialise dans la conception des pavillons d’expositions et la théorie de l’architecture. À partir de 1933, il fait partie du comité de rédaction de l’Architecture d’Aujourd’hui où il devient le référent pour les questions techniques, avant de s’occuper activement de la nouvelle revue Techniques et Architecture. Il participe aux travaux de l’ASCORAL, dans les groupes de travail réunis autour de Le Corbusier où il collabore à la définition des normes du logement, notamment du modulor. Proche de la pensée d’Auguste Perret dont il restera toujours fidèle, il développe progressivement sa propre théorie autour des « formes utiles », à laquelle il consacra de nombreuses publications, notamment avec l’ouvrage Formes Utiles en 1959.


Durant les Trente Glorieuses, son œuvre plus diversifiée en raison d’un contexte économique plus favorable, est marquée par les travaux de la reconstruction (atelier d’Auguste Perret au Havre), des réalisations de logements, des opérations de mises en valeur urbaines et, surtout, son travail sur les musées. Considéré comme l’un des premiers architectes français ayant participé à la redéfinition et à la modernisation des musées français dès la fin des années 1950, André Hermant trouve avec le musée Chagall à Nice une commande originale, sans précédent, dont le succès le propulse vers de nouvelles et nombreuses commandes. C’est le moment, pourtant où, gagné par ses doutes et par un découragement croissant, il met un terme à ses jours à l’âge de 70 ans.

Autour de l’exposition, ressources en ligne
Parallèlement à l’exposition consacrée au musée Chagall « Le musée Chagall, chef-d’œuvre d’André Hermant», à l’occasion du 40 ème anniversaire de sa construction, la Cité de l’architecture et du patrimoine à Paris organise une exposition virtuelle en ligne, à partir de novembre 2013 sur 
www.citechaillot.fr


L’exposition virtuelle, Musée Marc Chagall, un projet d’André Hermant met également à l’honneur l’architecte, qui s’était spécialisé à la fin de sa carrière dans l’architecture des musées (construction d’édifices nouveaux et aménagements muséographiques).
Plus de 160 documents (correspondances, photographies, esquisses et plans, film) en présentent les différentes évolutions.
La Cité de l’architecture et du patrimoine conçoit de nombreuses expositions temporaires, expositions-ateliers, expositions hors les murs et expositions virtuelles. Ces dernières, prolongements de ses activités et manifestations organisées dans ses murs, sensibilisent le public le plus large possible à l’architecture passée et actuelle.

www.musee-chagall.fr