Le programme des expositions au château de Versailles 


Louis- Philippe et Versailles
6 octobre 2018 - 3 février 2019
Salles d’Afrique et de Crimée

Pour la première fois, le château de Versailles consacre une exposition d’ampleur à Louis-Philippe qui transforma l’ancienne résidence royale en musée ouvert à tous et dédié « à toutes les gloires de la France ». C’est un moment décisif pour le Château dans lequel cohabitent dès lors : l’ancienne résidence royale et les Galeries historiques créées par Louis Philippe dans les ailes du Midi et du Nord. L’exposition insistera sur l’implication directe du roi dans ce projet, sur son goût pour l’histoire et sur sa volonté de mettre en scène l’histoire nationale pour réconcilier les Français, et inscrire son règne dans l’histoire nationale.

 

L’exposition invite plus largement le public à découvrir le Versailles du XIXe siècle. Une partie du décor des salles d’Afrique, commandé par Louis Philippe sera dévoilé. Les visiteurs pourront parcourir la galerie des Batailles, les salles des Croisades, la salle des États- Généraux, ou encore la salle du Sacre et la salle de 1792, toutes deux restaurées pour l’occasion. L’une des galeries de pierre sera réaménagée dans son état de 1837. Les décors de théâtre réalisés pour l’inauguration des Galeries Historiques seront également montés sur la scène de l’Opéra royal. Enfin, au Grand Trianon, les appartements privés de la famille royale, aménagés pour les séjours du Roi lorsqu’il venait suivre l’avancement du chantier du château, seront restaurés et remeublés.

Commissaire : Valérie Bajou, conservateur en chef au château de Versailles.

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Le roi Louis-Philippe et ses cinq fils sortant par la grille d’honneur du château de Versailles
après avoir passé une revue militaire dans les cours, 10 juin 1837 
Horace Vernet 1846 Musée des châteaux de Versailles et de Trianon
© RMN-GP (château de Versailles) / Daniel Arnaudet

 

 

Sugimoto Versailles
16 octobre 2018 - 20 janvier 2019
Domaine de Trianon

Après l’exposition collective Voyage d’Hiver en 2017, l’artiste japonais Hiroshi Sugimoto, invité en 2018, a choisi de présenter ses œuvres dans le domaine de Trianon dédié à l’intimité des souverains, et plus particulièrement le Petit Trianon, les fabriques et les jardins. Convier Hiroshi Sugimoto à Versailles c’est y accueillir l’éclectisme qui fait la singularité de ce grand artiste japonais. En s’installant à Trianon, Sugimoto porte un regard contemporain, pour la première fois, sur ce domaine. En cette année « Japonismes », Sugimoto illustre à Versailles qui les a souvent symbolisés, les liens culturels entre le Japon et la France, déclare Catherine Pégard, présidente de l’Etablissement public du château, du musée et du domaine national de Versailles.

Commissaires : Alfred Pacquement, commissaire pour l’art contemporain à Versailles et Jean de Loisy, président du Palais de Tokyo.

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Simulation de l’œuvre Surface of Revolution
Hiroshi Sugimoto, simulation de l’œuvre Surface of Revolution, photomontage
(photographie originale © Tadzio) 2018 Courtesy de l'artiste

 

 


Madame de Maintenon
15 avril – 21 juillet 2019
Appartements de Madame de Maintenon

À l’occasion du tricentenaire de la mort de Madame de Maintenon, cette exposition retracera la destinée exceptionnelle d’une femme née dans une prison et devenue l’épouse du roi le plus puissant du monde.

Après une enfance difficile et pauvre, Françoise d’Aubigné épouse à 16 ans le célèbre poète Scarron qui l’introduit dans les cercles précieux de la capitale. Devenue veuve, elle se voit confier par Madame de Montespan la mission d’élever les enfants illégitimes issus des amours de cette dernière avec Louis XIV. Françoise d’Aubigné s’établit alors à la cour, et se fait apprécier du souverain. Devenue Madame de Maintenon, elle épouse Louis XIV à la suite de la disgrâce de la favorite et de la mort de la reine Marie- Thérèse. En tissant autour d’elle tout un réseau d’amitiés, elle s’impose comme une figure essentielle de la cour, créditée d’un rôle politique occulte. En 1686, aboutissement de son œuvre d’éducatrice, elle est à l’origine de la maison royale d’éducation de Saint-Cyr qui accueille les jeunes filles pauvres de la noblesse de France et leur délivre un programme pédagogique d’une grande modernité

Commissaires : Alexandre Maral, conservateur général du patrimoine et directeur du Centre de recherche du château de Versailles et Mathieu da Vinha, directeur scientifique du Centre de recherche du château de Versailles.

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Projets d’architecture
3 mai 2019– 3 août 2019
Galerie de pierre haute, Aile nord

De l’installation de Louis XIV à Versailles à la transformation définitive du palais en musée par Louis- Philippe en 1837, la demeure royale fut un « chantier permanent ». D’innombrables projets, plus ou moins ambitieux ou novateurs, naissent à la demande du roi et de l’administration des Bâtiments du roi ou dans l’imagination des architectes afin d’adapter le château aux nouveaux usages, d’y simplifier la vie quotidienne, de l’habiller selon les modes esthétiques des époques successives, d’accentuer sa monumentalité ou de lui donner plus de cohérence architecturale. Colbert, surintendant des Bâtiments du Roi, en 1669, ou le comte d’Angiviller, directeur général des Bâtiments, Arts, Jardins et Manufactures de France, en 1780, lancent de véritables appels à idées auprès d’architectes. Les architectes du roi, en particulier Jacques-Ange Gabriel, proposent sans relâche des plans d’agrandissement spectaculaires. Pourtant, le goût des monarques, les circonstances politiques ou la situation des finances du royaume ne permirent à aucun de ces projets de transformation grandiose de voir le jour.

Bénéficiant de nombreux prêts français et étrangers, l’exposition rassemblera une centaine de dessins, plans et élévations d’architecture, projets généraux, aménagements ponctuels ou utopies pour une reconstruction globale de la façade côté ville. Elle se focalisera sur la question de l’« enveloppe » du château et la façade côté ville, qui fait l’objet de centaines de propositions, mais aussi sur les projets successifs de chapelle et de salles de spectacle, et d’exemples d’architecture de jardins.

L’exposition s’appuiera également sur la numérisation des plans du Château réalisée dans le cadre du projet Verspera piloté par le Centre de recherche du château de Versailles, en collaboration avec les Archives Nationales, la Bibliothèque Nationale de France et le laboratoire ETIS, sous l’égide de la Fondation des Sciences du Patrimoine.

Le public pourra ainsi découvrir un Versailles « tel qu’on ne l’a jamais vu mais tel qu’il aurait pu être », renouvelant ainsi sa perception du château et mettant en valeur ce qui fait aujourd’hui encore sa singularité.

Commissaire : Élisabeth Maisonnier, conservateur au château de Versailles. 

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Proposition pour le Grand Projet de reconstruction du château de Versailles, côté des cours d’entrées.
Alexandre Dufour(1760-1835) Pierre-François-Léonard Fontaine (1762-1853)
19e siècle © RMN-Grand Palais (Château de Versailles) / Gérard Blot

 


Versailles revival, 1867-1937
Mi-octobre 2019 – mi-février 2020
Salles d’Afrique et de Crimée

À la charnière des XIXe et XXe siècles, le château de Versailles connaît un moment crucial de son histoire. Cent ans après la Révolution Française, à l’aube de la « Belle Époque » un phénomène spectaculaire d’engouement, de nostalgie, de curiosité, de passion se développe autour de Versailles. Les prémisses s’en font sentir dès le Second Empire avec l’impératrice Eugénie, qui en est l’une des principales incarnation avec sa vénération pour Marie-Antoinette.

Mais c’est aussi dans les milieux artistiques et littéraires que l’on vient subitement interroger ce « Versailles, grand nom rouillé et doux, royal cimetière de feuillages, de vastes eaux et de marbres, lieu véritablement aristocratique et démoralisant, où ne nous trouble même pas le remords que la vie de tant d’ouvriers n’y ait servi qu’à affiner et qu’à élargir moins les joies d’un autre temps que les mélancolies du nôtre » (Marcel Proust). La peinture historiciste, déjà en vogue depuis le début du XIXe siècle, connaît un essor spectaculaire à cette époque et trouve certains de ses plus beaux sujets à Versailles. Le mobilier et les arts décoratifs déclinent les grands exemples royaux dans une production frénétique de copies fidèles ou de variations délirantes. Le modèle versaillais recommence à inspirer l’Europe comme au XVIIIe siècle, dans l’art et dans l’architecture, étendant cette fois sa fascination outre-Atlantique. D’incroyables fêtes font revivre Trianon. Sarah Bernhardt se produit au château à l’occasion de la visite du tsar Nicolas II en 1896. De Louis II de Bavière à Gloria Vanderbilt, de la comtesse Greffülhe à Gabriel Fauré, tout un monde rêvé se reconstitue autour du monument-symbole.

Cette vague d’enthousiasme est concomittante avec le travail acharné auquel vont se livrer, à cette époque, les responsables du Château pour lui rendre sa splendeur perdue et le rapprocher de son état de l’Ancien Régime. C’est-à-dire en remettant en cause brutalement le musée historique inauguré en 1837 par Louis-Philippe. C’est le début d’un travail de longue haleine qui se poursuit encore aujourd’hui, en recherchant les uns après les autres les objets et décors disparus, obtenant dons, restitutions et dépôts pour parvenir à l’illusion d’un palais qui n’aurait pas été vidé. Pierre de Nolhac, directeur du musée de 1892 à 1920, est la grande figure de cette entreprise. Son travail de recherche, ses publications, ses réseaux mondains et politiques sont intimement liés à l’effervescence artistique et culturelle qui renaît à Versailles.

L’exposition mettra en tension ces deux histoires parallèles. D’un côté la chronique de cette « résurrection » du château, pour reprendre le titre des mémoires de Pierre de Nolhac ; de l’autre, un moment surprenant de l’histoire de l’art où Versailles prend place parmi les grands motifs, avec les visions irréelles des peintres symbolistes et les jardin vibrants des postimpressionnistes. Le site inspire de nombreux artistes étrangers mais aussi les plus grands photographes, d’Atget à Steichen.

Le château de Versailles retrouve, au tournant du XXe siècle, un éclat royal et aristocratique en même temps qu’une popularité nouvelle. Le cinéma s’en empare dès ses débuts, le tourisme s’intensifie, la mode s’en inspire. Les grandes eaux, qui n’ont jamais perdu de leur attrait au cours du XIXe siècle, deviennent une destination pour les foules et dès 1937 le château franchira le million de visiteurs.

Commissaire : Laurent Salomé, directeur du musée national des châteaux de Versailles et de Trianon. 

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Fête champêtre au hameau de Trianon, 27 juin 1901
Association des Photographes de la ville de Versailles 
Tirage sur papier albuminé au gélatino-bromure d'argent © DR

www.chateauversailles.fr
 

 

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