Exposition SOUFFLE à Aubagne du 31 octobre au 20 février 2021.
Art sonore, photos et dessins aux Pénitents Noirs, le centre d’art contemporain de la Ville d’Aubagne.

Souffle est la prochaine exposition du Centre d’art Contemporain Les Pénitents Noirs de la Ville d’Aubagne. Une exposition pluridisciplinaire qui réunit photographies, dessins et pièces d’art sonore.


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DP Souffle - copie_Page_04_Image_0001Luca Gilli
Cavriago, 1965 Islanda (série) 2009

Tirages barytés d’après fichiers numériques,
contrecollés sur aluminium 58 × 87 cm
Collection Musée Réattu, Arles. Achats avec l’aide du Fonds Régional d’Acquisition des Musées, 2010

 

 

Docteur en Sciences Naturelles, Luca Gilli a d’abord mené des activités de recherche pour l’Université de Parme dans le domaine de  l’environnement,  avant de se consacrer entièrement  à  la photographie  et au graphisme au début des années 2000. Proche du « groupe de Reggio Emilia » qui réunit, autour de leur chef de file emblématique Vasco Ascolini, des photographes comme Cesare di Liborio, Marcello Grassi, Bruno Cattani et Valeria Montorsi, Luca Gilli fait du noir et blanc la matière première de ses images, dont le mystère n’est pas sans évoquer les peintures métaphysiques de Giorgio de Chirico.
Dans la série Islanda, réalisée lors d’un voyage au caractère presque initiatique sur ces terres volcaniques, le photographe opte pour la première fois pour la couleur, qui ne le quitte plus depuis. Utilisant au maximum le potentiel de la photographie numérique, appliquant à ces paysages de légende des cadrages à la fois très rapprochés et sans limites,  il parvient à s’abstraire du reportage pour suggérer un autre espace, dans lequel irréalité et immatérialité peuvent s’exprimer au-delà de la richesse inouïe des textures minérales, végétales et aqueuses. Ces images vibrantes fonctionnent alors à la manière d’un sismographe, témoignant du bouillonnement sous-jacent de cette nature toujours en train d’advenir et façonnée par la force des éléments rendus ici quasi-palpables.

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DP Souffle - copie_Page_04_Image_0002Hanna Hartman
Uppsala, 1961

Vit et travaille à Berlin Acoustic catacombs 2010
installation sonore : fichier numérique,
plancher bois et haut-parleurs
Commande du Centre national des Arts Plastiques, en dépôt au musée Réattu depuis 2010

 

Artiste sonore et compositrice suédoise, Hanna Hartman a étudié dans de nombreux domaines – littérature, histoire du théâtre, radio, musique électroacoustique – avant de se consacrer, au début des années 90, à la composition d’œuvres radiophoniques et de sculptures sonores, mises en scène au cours de performances. Elle reçoit régulièrement des commandes émanant de grandes radios publiques européennes et s’est vue décernerplusieursrécompenses, commele Prix Europa en 1998 ou le Prix Phonurgia Nova en 2006.
Appartenant à une génération d’artistes comme Luc Martinez, Knud Viktor, Gilles Aubry ou Götze Naleppa qui ont décidé de déplacer les frontières de l’écoute en se focalisant sur les sons naturels, Hanna Hartman collecte son matériel de création à même le paysage. Composées par hybridation et tissage de sons réels, ses œuvres révèlent la beauté et la force hypnotique des environnements parcourus, qu’elle rend perceptibles avec une pureté et une acuité vertigineuse.
Le musée Réattu rencontre son œuvre pour la première fois en 2006, lors de la Nuit des Musées : une de ses pièces emblématiques, Cratère, occupait alors la cour du Grand Prieuré, avec des sons extraits des entrailles de l’Etna et au pied des geysers d’Islande. Son intérêt pour les forces naturelles en font ensuite une invitée privilégiée des lieux et, l’année suivante, le musée pro- gramme Longitude 013°26’’E, une œuvre conçue à par- tir des sons de la mer Baltique.
C’est donc naturellement que le Centre national des Arts Plastiques, sur proposition du musée Réattu, lui a confié une commande publique dans le cadre du pro- gramme Diagonales, une manifestation rassemblant plusieurs lieux d’art contemporain en France autour de la problématique du son et de la musique dans la création, à travers une sélection d’œuvres appartenant au CNAP. Lors de sa résidence arlésienne, elle arpente les espaces les plus secrets du musée, les cryptoportiques du forum romain et d’autres lieux clos et souterrains susceptibles de révéler la part de mystère que recèlent ces univers chthoniens, typiques des villes antiques. Associant la partition sonore obtenue à un plancher équipé en sous-œuvre de haut-parleurs, Acoustic catacombs convoque tout le corps, qui se mue en une caisse de résonance vibrant au rythme des pulsations de la ville d’Arles.

 

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Corinne Mercadier D’Arles, la suite. Annonce 1


Corinne Mercadier
Boulogne-Billancourt, 1955

C’est à Aix-en-Provence, où elle étudie l’Histoire de l’Art, que Corinne Mercadier réalise ses premières photographies, qui servent d’abord de modèles pour ses dessins avant de devenir un mode d’expression à part entière. Pris d’abord au Leica, ses clichés sont peu à peu re-photographiés au Polaroid SX70, dont l’optique modifie l’esthétique de l’image en la tirant vers l’abs- traction. En superposant ainsi les filtres, les flous et les grains photographiques, l’artiste aboutit à des œuvres poétiques et mystérieuses, qu’elle organise le plus souvent en séries.
La Suite d’Arles a été réalisée dans le cadre d’une commande publique de la délégation aux arts plastiques du ministère de la Culture, sur proposition du musée Réattu. Elle prend pour décor des monuments médiévaux de la ville – comme le déambulatoire supérieur du cloître de la primatiale Saint-Trophime ou le toit de l’église des Frères Prêcheurs – dont les architec- tures très minérales sont suspendues entre terre et ciel. Les personnages, mis en scène comme dans un théâtre d’ombres, rencontrent des objets – livres dorés, rubans, structures géométriques et abstraites, tous fa- briqués par l’artiste elle-même – flottant dans l’air. Ces objets-sculptures fonctionnent comme des « images de la pensée en mouvement » et révèlent la présence du vent dans le paysage, autant que le souffle de la pensée créatrice qui traverse les images.
En 2005, Corinne Mercadier reprend le matériau engrangé pendant cette résidence pour produire un ensemble de trois photographies qu’elle baptise D’Arles, 
la Suite (Annonce 1 – Annonce II – Annonce III). On y retrouve la même confrontation entre l’architecture (ici un escalier à l’abbaye de Montmajour) et le ciel, le langage et le corps, et la même dédicace au thème de l’Annon- ciation, convoqué par la présence d’un phylactère sem- blant tout droit sorti d’un tableau de la Renaissance.

 

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Jacques Réattu
Arles, 1760-1833

DP_Souffle_-_copie_Page_08_Image_0003.jpgJacques Réattu
Daniel faisant arrêter les vieillards accusateurs de la chaste Suzanne étude de draperie

 

 

Jacques Réattu, arelatensis, « l’arlésien »… C’est ainsi que Jacques Réattu, né en 1760 à Arles et décédé dans la même ville en 1833, signe alors qu’il est en Italie, plus précisément aux environs de Naples en 1793, alors que Grand Prix de Rome de l’Académie royale de Peinture et de sculpture en 1790, il est pensionnaire du roi, puis de la République.
Le peintre arlésien, appartient à ce groupe de peintres de la fin du VVIIIe siècle, marqués par le néoclassicisme qui émerge alors et frappé par l’un des événements majeur de l’histoire de France : la Révolution.
Peintre « académique », son art incarne le passage de l’art classique de l’ancien régime à celui inspiré d’un art révolutionnaire.
Mais la carrière de Jacques Réattu, va bien au-delà de cette période somme toute assez courte puisque il peint jusqu’en 1830. Malgré cette longue carrière, son œuvre reste extrêmement méconnue, en grande partie parce 
que les grands projets auxquels il a pu collaborer ont soit été abandonnés soit parce que les œuvres ont disparu. Formé à Paris par Jean-Baptiste Regnault, le concurrent de David, Jacques Réattu suit le cursus classique des peintres de l’époque chez qui le dessin prime sur tout. Il est également un grand coloriste, capable d’envisager de grandes « machines allégoriques » au service d’un discours empreint d’humanisme.

 

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Jacqueline Salmon
La Raison de l’ombre et des nuages

DP Souffle - copie_Page_01_Image_0003Jacqueline Salmon La Raison de l’ombre et des nuages


Après des études d’Histoire contemporaine, d’arts plastiques, de littérature et de danse, Jacqueline Salmon se consacre à la photographie en 1981. Elle développe une œuvre singulière, dont le principal sujet est l’étude des rapports entre philosophie, Histoire de l’Art et histoire des lieux. Elle collabore ainsi très régulièrement avec des philosophes, des écrivains et des historiens de l’art et de la photographie. Outre les commandes réalisées dans le cadre d’expositions ou de résidences, elle a aussi réalisé des installations photographiques permanentes pour la bibliothèque de Die, la Direction régionale des affaires culturelles Rhône-Alpes à Lyon, ou le Palais de Justice de Melun.
En 1997, elle reçoit une commande du musée Réattu qui donne naissance à la série La raison de l’ombre et des nuages, dont les vingt images relient deux espaces a priori antagonistesdelavilled’Arles: lescryptoportiques, galeries souterraines qui forment le socle du forum au- gustéen, profondément connectées aux origines de la ville antique, et des ciels mouvementés, saisis juste au-dessus de la courbe du Rhône qui coule sous les fe- nêtres du musée. Ancrées solidement dans le sol mais tournées vers le ciel, accrochées aux arêtes des piliers et aux perspectives rigoureuses du portique comme aux volutes mouvantes des nuages, les photographies de Jacqueline Salmon sont comme des images mobiles de l’infini et de l’éternité, qui révèlent comment la terre, le vent mais aussi l’eau – celle du Rhône, non représenté mais tellement présent dans l’esprit de la série – ont toujours façonné l’histoire, l’identité et la lumière d’Arles.


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Jacqueline Salmon La Raison de l’ombre et des nuages

 

 

 

Centre d’art contemporain
Les Pénitents Noirs
Les Aires, chemin de Saint-Michel
13400 Aubagne
04 42 18 17 26


Entrée libre et gratuite du mardi au samedi de 10h à 12h et de 14h à 18h
L’exposition sera fermée du 25 décembre au 2 janvier inclus.

Exposition ouverte du mardi au samedi, 10h -12h / 14h-18h
Renseignements : www.aubagne.fr