Il faut remonter dans les années 1071-1080 pour découvrir l'histoire du musée, qui est alors  un hôpital destiné aux pauvres et aux pèlerins. Raimond Gairart en fut l'instigateur, cet homme charitable et dévoué a Saint-Sernin premier évêque de Toulouse, dont la sépulture se trouve tout à côté dans la basilique du même nom. A la mort de celui-ci, son corps fut inhumé dans la chapelle de l'hôpital, il fut considéré comme un saint homme, c'est à cette période que l'édifice prit le nom de Saint Raymond. En 1229 l'université de Toulouse est fondée, et des étudiants pauvres sont accueillis au cœur de l'hôpital, qui devient alors un collège au milieu du XIIIe siècle. Il subsista jusqu'au XVe siècle, où il fut détruit certainement par incendie, entraînant de par la même un nouveau collège dès le milieu du XIIIe siècle. Il subsiste jusqu'au XVème siècle, où il fut détruit certainement par un incendie, entraînant de par la même un nouveau collège de plusieurs bâtiments, et c'est en 1523 que le maître-maçon Louis Privat édifia le plus prestigieux de ces bâtiments, que nous pouvons contempler encore de nos jours. En 1836, la ville de Toulouse racheta les bâtiments de l'ancien collège Saint Raymond, mais les aménagements d'une vaste place autour de la basilique Saint-Sernin entraîna la démolition d'une grande partie du collège, et grâce à l'intervention de Viollet-Le-Duc, l'actuel musée fut sauvegardé en raison de sa grande valeur architecturale. L'édifice accueillera un musée dans les années 1891-1892, et ce n'est qu’entre 1950-1960 qu'il se consacre uniquement à l'art et à l'archéologie de l'antiquité.

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Le musée des Antiques
 
La période historique dont sont issus les objets du musée se situe du début de l'âge des métaux, soit 2000 ans environ avant J.C, jusqu'au VIIIe siècle après J.C. Le musée retrace l'histoire des civilisations depuis l'âge de bronze, qui à engendrer l'avènement des sociétés modernes, en intensifiant la production et les échanges, grâce notamment à la domestication du cheval, et l'invention de l'attelage, apparaîssent aussi de nombreuses métallurgies, qui amènent une avancée extraordinaire dans l'invention des objets notamment de la fibule, cette agrafe antique servant à retenir les vêtements. En 800 avant J.C, le fer remplace le bronze dans la fabrication des armes et des outils, c'est aussi l'apparition des rites funéraires caractérisée par l'incinération et des nécropoles tumulaires en cercle de pierre, c'est aussi la naissance de Rome vers 754/53 et l'apparition des premières inscriptions étrusque, qui trouve son apogée vers 500 avant J.C, qui est aussi la période du début de la République romaine. Au IV et III ème siècle avant J.C, l'Europe voit l'expansion des Celtes, et des Volques Tectosaques dans le toulousain, vers 350-265 c'est la conquête de l'Italie par Rome, puis de 122 à 117 la fondation de la Gaule Transalpine s'opère, et la Gaule voit l'apparition de la monnaie. Après la conquête totale de celle-ci par Jules César, elle commence sa romanisation en douceur et de 27 à 22 elle devient Narbonnaise. Dès le début du Ier siècle après J.C, Tolosa cité romaine est en pleine expansion, c'est donc toute cette vaste période que le musée Saint Raymond nous raconte. Il est notamment célèbre pour son exceptionnelle collection de portraits romains sculptés, en particulier une extraordinaire suite de têtes et bustes retrouvés dans les décombres de l'immense villa de Chiragan à Martre-Tolosane, ou bien encore l'image colossale d'Auguste découverte au XIX ème siècle dans les vestiges de l'ancienne Elusa (Eauze, Gers), autre ensemble réputé du musée et bien d'autres encore.
 
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Parcours du musée
 
L'arrivée au musée se fait par la cour-jardin, dans cet endroit fort agréable se trouve le Café des Antiques qui vous accueille tous les jours, vous découvrirez une vue imprenable sur la façade méridionale du musée restauré, ainsi que sur la basilique Saint-Sernin. La visite débute dans le hall d'accueil du rez-de-chaussée, l'office de l'ancien collège, mais le parcours proposé nous invitera à découvrir en premier lieu le deuxième niveau qui est une évocation de la romanisation du site toulousain, Tolosa. Là, de nombreuses pièces lapidaires, ainsi qu'une foule d'objets divers révèlent l'apparence et la richesse de la ville antique, mais aussi de nombreuses oeuvres découvertes dans d'autres lieux de l'ancienne province Narbonnaise, qui fut considérée par Rome comme une seconde Italie. La visite chronologique du musée se divise donc en 3 étapes qui relatent à chaque niveau l'histoire de Toulouse et sa région dans l'antiquité, le premier étage nous dévoile une vaste collection des antiques qui proviennent de la Villa de Chiragan. La magnificence de cette demeure est sans égal dans la région, le luxe, l'abondance et la qualité des marbres et décors sculptés ravit amateurs d'art et savants du monde entier lors de sa découverte en 1826. On retiendra l'ensemble unique des reliefs des travaux d'Hercule, des répliques antiques et de quelques chefs-d'œuvre de statues grecques et romaines. La découverte se termine dans les sous-terrains du musée, où les vestiges de la nécropole Saint-Sernin sont offerts aux yeux du public, on y découvre une grande partie des œuvres d'origine funéraire de l'antiquité romaine et du haut moyen âge. On remonte encore plus dans le temps avec la mise au jour des origines du bâtiment actuel, et d'une grande partie de la nécropole paléochrétienne de Toulouse établie autour de la tombe de Saturnin et d'un rare four à chaux en fonction au V et VI ème siècle. Ici s'achève l'exposition permanente, et c'est au rez-de-chaussée que prend place les expositions temporaires dans la grande salle d'honneur de l'ancien collège, vous y découvriez jusqu'au 5 mars 2006 des portraits du premier siècle de l'Empire romain intitulés «Sur les traces de Rome…», à ne pas manquer. Cette véritable plongée dans le monde antique est une magnifique représentation de notre histoire, où la beauté la qualité et le choix des œuvres nous ravissent tout au long de ce parcours initiatique et nous devons tout cela au professionnalisme et au travail de ses deux conservateurs Daniel Cazes, et Evelyne Ugaglia, ainsi que toute l'équipe qui les accompagne. Pour clore agréablement la visite et garder longtemps en mémoire cette passionnante découverte, on peut acheter à la boutique du musée une large gamme de produits dérivés de ces collections, cartes postales, catalogues, moulages, bijoux, CD rom, sans oublier de se rafraîchir en sortant au Café des Antiques de quoi faire durer toujours plus le plaisir.
 
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Musée Saint - Raymond
Place Saint Sernin
31000 TOULOUSE
Tél. 05 61 22 31 44